Comment reconnaître de l'or : six méthodes, de la moins fiable à la plus sûre

Un bijou brillant, jaune, lourd en main. Rien de tout cela ne prouve quoi que ce soit. Le laiton est jaune, le plaqué brille, et un cœur de tungstène pèse presque le poids de l'or. Voici les six méthodes que l'on utilise réellement, dans l'ordre de ce qu'elles permettent de conclure.
1. L'aimant : élimine peu de choses
L'or n'est pas magnétique. L'argent et le platine non plus. Si votre pièce colle à un aimant puissant, ce n'est pas de l'or massif : il y a du fer ou du nickel dessous. C'est un test à dix secondes qui coûte zéro euro.
Son défaut est majeur : la plupart des contrefaçons sérieuses ne sont pas magnétiques. Le laiton, le maillechort, le cuivre doré et le tungstène passent tous le test de l'aimant sans broncher. Un résultat négatif ne veut rien dire.
2. Le poinçon : une indication, pas une preuve
En France, un ouvrage en or vendu comme tel porte un poinçon de titre officiel. Depuis 1995, la lecture est simple :
- Hippocampe : 999 millièmes, or fin
- Tête d'aigle : 750 millièmes, soit 18 carats
- Coquille Saint-Jacques : 585 millièmes, soit 14 carats
- Trèfle : 375 millièmes, soit 9 carats
- Hibou : poinçon d'importation, apposé sur les ouvrages fabriqués hors de France
À côté du poinçon de titre se trouve souvent un losange contenant des initiales : c'est le poinçon de maître, qui identifie le fabricant ou le donneur d'ouvrage. Sur les bijoux étrangers, vous verrez plutôt une mention numérique directe : 750, 585, 417, 375, 14K, 18K.
Le problème est évident. Un poinçon se contrefait, et il se contrefait très bien. Un poinçon absent ne signifie pas qu'un bijou est faux, et un poinçon présent ne signifie pas qu'il est vrai. Le poinçon oriente le test, il ne le remplace pas.
3. La densité : bonne méthode, mauvaise sur les creux
L'or fin pèse 19,3 grammes par centimètre cube. Un 18 carats tourne autour de 15,5, un 14 carats autour de 13. Le laiton plafonne à 8,5. L'écart est énorme, et une balance de précision plus un verre d'eau suffisent à le mesurer : on pèse la pièce à sec, puis immergée, et le rapport donne la densité.
Trois situations la rendent inutilisable. Les bijoux creux, les chaînes à mailles ouvertes et tout ce qui emprisonne des bulles d'air faussent la mesure. Les pierres serties ont leur propre densité et polluent le calcul. Et surtout, le tungstène affiche 19,25 g/cm³, à un cheveu de l'or fin : c'est précisément pour cette raison qu'il sert à truquer les lingots.
Sur un lingot, une pièce ou une gourmette pleine, la densité reste malgré tout l'un des meilleurs tests non destructifs disponibles à la maison.
4. Le test à la pierre de touche : la méthode des professionnels
C'est la méthode qu'utilisent les bijoutiers, les comptoirs de rachat et les commissaires-priseurs depuis des siècles, et elle n'a pas été remplacée parce qu'elle donne le titre, et pas seulement un oui ou un non.
Le principe tient en trois gestes. On frotte le bijou sur une pierre de touche, ce qui y dépose une trace de métal. On dépose sur cette trace une goutte du réactif correspondant au titre soupçonné. Selon que la trace tient, pâlit ou disparaît, on lit le carat.
Le test est légèrement destructif : il laisse une micro-rayure, généralement invisible et placée sous le fermoir ou à l'intérieur d'un anneau. Il coûte quelques centimes par essai et donne un résultat en une trentaine de secondes. C'est le meilleur rapport certitude/prix pour qui teste régulièrement.
Le détail complet des gestes est décrit dans notre mode d'emploi pas à pas.
5. La fluorescence X : la référence, hors budget
Un spectromètre XRF donne la composition exacte, sans rien abîmer, en quelques secondes. C'est l'outil des affineurs et des gros comptoirs. Il coûte entre dix et trente mille euros, ce qui explique qu'il ne soit pas dans votre tiroir.
Il a lui aussi une limite : il lit une couche superficielle de quelques dizaines de microns. Une dorure épaisse peut le tromper sur un objet massif.
6. La coupellation : exacte et destructive
C'est l'analyse de laboratoire, celle qui sert de référence légale. On fond un prélèvement avec du plomb, on l'oxyde, il ne reste que le métal précieux, que l'on pèse. Le résultat est incontestable. L'échantillon, lui, n'existe plus.
Ce qu'aucune méthode de surface ne détecte
Toutes les méthodes non destructives lisent la surface. Une dorure de plusieurs microns résiste à l'acide, passe l'aimant, et affiche la bonne couleur. Un cœur de tungstène sous une enveloppe d'or trompe à la fois la densité et le test à l'acide.
La parade est simple et connue des professionnels : entamez la surface. Une petite lime sur une zone discrète, puis le test à l'acide dans l'entaille. Si le métal change de nature sous la couche, la réaction le dira immédiatement.
La combinaison qui marche
Dans l'ordre, pour un bijou inconnu : aimant, lecture du poinçon, test à l'acide sur une trace, et densité si la pièce est pleine. Quatre méthodes qui prennent cinq minutes et qui, ensemble, ne laissent presque aucune place au doute.
Nos kits de test réunissent la pierre de touche, les réactifs par carat et la carte de lecture des réactions.